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Lettre aux lecteurs

Pour la dernière newsletter de la saison, l’équipe de rédaction vous propose un numéro spécial. A l’image d’un bulletin scolaire, « Au Marbre » a tenté de faire le bilan de la première année « Sarkozy ». Dans les matières économique, judiciaire, sociale, etc…, nous vous proposons une analyse des événements qui ont attiré notre attention. Et puisque c’est la période estivale, « Au Marbre » en profite pour réaliser son site – www.aumarbre.fr – sur lequel vous pourrez, dès la rentrée, lire directement les articles. Une newsletter vous sera envoyée en parallèle pour vous informer des dernières publications.

L’équipe de rédaction et moi-même vous remercions de vos conseils et de vos commentaires très précieux pour le prochain développement du site.

Responsable de la publication

Faustine Calmelet

Un an sous Sarkozy: quel bilan pour la nouvelle présidence?

Un an et 2 mois après son accession à l’Elysée, Nicolas Sarkozy provoque toujours de vives réactions. Il demeure, semaine après semaine, l’épicentre de notre vie politico-médiatique, de toutes les polémiques, de toutes les passions publiques. Mais naturellement, la notoriété n’équivaut pas, loin s’en faut, à l’adhésion. Bien au contraire, l’homme qui avait jadis rallié 53% des électeurs à sa candidature en mai 2007 est aujourd’hui l’objet d’un rejet massif et profond. Si nombreux soient ses efforts pour renouer le lien avec ses électeurs d’antan, rien n’y fait: il ne séduit plus. Comment est-on passé si brièvement de l’enthousiasme à la désillusion? Retour sur 14 mois de sarkozisme.

La déception est à la mesure des attentes que le candidat Sarkozy a lui-même suscitées. Le pouvoir d’achat tant exalté en 2007 n’est pas au rendez-vous. Bien au contraire, la crise financière venue des Etats-unis et l’explosion du prix du pétrole grèvent croissance et consommation. Si ces facteurs conjoncturels échappent à l’Elysée, les Français ont le sentiment légitime d’avoir été floués. La promesse n’est pas tenue. Mais au-delà du pouvoir d’achat, qui cristallise actuellement les frustrations, la présidence Sarkozy désoriente les électeurs, qui ont l’impression que leur vote a été confisqué. Le candidat de l’UMP proposait un programme clair, structuré, cohérent: soutien à la consommation, restauration de la valeur travail, retour aux règles fondamentales qui constituent notre pacte républicain: ordre, sécurité, autorité, mérite. A ces impératifs idéologiques simples, lisibles a succédé une présidence confuse, attrape-tout, qui désoriente le pays quand elle devait le rassurer. De la mémoire enfants des déportés à la révision de la loi de 1905, en passant par le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, les initiatives se multiplient, s’additionnent les unes aux autres sans qu’aucune ligne directrice s’en dégage. Après lui avoir confié un mandat clair, les électeurs ont perdu le contrôle de leur Président. Aux promesses d’ordre a succédé un désordre permanent, une agitation dont on ne sait où elle mène le pays.

Président ou star ?

Anti-mai 68, Nicolas Sarkozy était le candidat des valeurs, et donnait à espérer à une droite nostalgique et avide de discipline, qu’il parviendrait à restaurer l’ordre d’antan. Au lieu de cela, l’hôte de l’Elysée a brouillé l’essence même de l’ethos républicain. Vie intime et vie publique sont désormais mêlées et ce qui était autrefois impensable est désormais bien réel: notre Président est une starlette comme les autres. Sa vie sentimentale est exposée à un public à la fois curieux et amer. Le verbe présidentiel, jadis rassembleur et dépassionné, est aujourd’hui brutal, grossier. Le « casse-toi pauvre con » du Salon de l’agriculture, les petites phrases lâchées devant la presse, les tapes sur l’épaule, effacent la distance indispensable qui doit séparer les citoyens et leur dirigeant et sapent la légitimité du pouvoir. Puisqu’il se comporte comme l’homme de la rue, Sarkozy mérite-t-il d’occuper la fonction présidentielle? Au final, les dogmes de notre monarchie républicaine, pourtant exaltés tout au long de la campagne, ont été profanés les uns après les autres.

Un mal pour un bien ?

Dès lors, la question se pose: notre Président est-il nocif pour notre pays? De toute évidence, il n’a pas su lui redonner confiance et a désorienté ses plus fidèles partisans. Il n’en reste pas moins que malgré cette pagaille des chantiers ont été ouverts. Des réformes nécessaires, qui attendaient depuis des années, voire des décennies, ont été entreprises avec succès. La fin des régimes spéciaux, l’allongement de la durée des cotisations de retraite, la réforme du dialogue social, la modification de la carte judiciaire et l’assouplissement de la carte scolaire, l’allègement des effectifs de la fonction publique… En un temps record, des avancées que l’on pensait impossibles, inacceptables par les Français ont été entreprises. Si elles sont loin de faire l’unanimité, elles n’en étaient pas moins indispensables. Le train de vie de la France était insoutenable à long terme et le Président a su le réduire, en menant à bien des changements structurels, qui à long terme, libéreront peut-être le pays de ses pesanteurs. Le pari est ouvert…

Adrien Valmont

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