Page Culture – les Festivals de l’été

Pour les festivals, descendez dans le Sud !

 

En ce début de période estivale, il était nécessaire de dresser le panorama des plus beaux festivals, pour les férus d’art et de culture en tout genre.

Tous les ans, un large éventail de festivals s’ouvre au public qui n’a que l’embarras du choix. La diversité autour d’un même thème est un atout tant pour les artistes que pour leurs spectateurs : c’est souvent dans ce type de manifestations que de nouveaux courants se démarquent et que de nouveaux talents percent.

Montreux, Cimiez (Nice), Avignon et Valence sont les quatre festivals phares de la période estivale. Ils donnent libre cours à différents modes d’expression artistique.

Montreux et Cimiez s’inscrivent dans la catégorie « musique » mais, à la différence d’autres festivals de la même catégorie tel que « Les vieilles charrues » à Quimper, il ne s’agit pas de musiques régionales et traditionnelles mais des dernières tendances représentées ici par le jazz, le rock et le hip-hop. La programmation de cet été est éclectique, des Beastie Boys (mélange savant d’électro, de rock et de rap: le trip-hop) le 9 juillet, en passant par les jazzmen Al Jarreau et George Benson le 12 juillet, pour arriver aux Pet Shop Boys et B-52s le 19 juillet (quinquagénaires du pop rock nostalgique des années 1980-90). 

Avignon est incontestablement le grand festival du théâtre en France. Cette année, il a lieu du 4 au 26 juillet soit sur un temps équivalent aux festivals de Montreux (4 au 19 juillet) et de Cimiez (18 au 25 juillet) réunis. Il est le point de ralliement de tous les professionnels du théâtre et symbolise le succès de la décentralisation de la culture. A l’heure de sa 62ème édition, rappelons pourtant qu’il s’agissait dans les années 1980 d’une simple association qui a pris, depuis, l’ampleur extraordinaire que nous savons. Cette année, le festival marque un retour aux sources avec en invité d’honneur Romeo Castellucci qui apporte une tonalité visuelle et plastique à L’Enfer de Dante comme dans les débuts du festival qui était alors d’ordre théâtral et picturale en 1947 avec Jean Vilar (la semaine d’art: le théâtre était l’accompagnement de cette manifestation plastique).

Valence, du 9 au 27 juillet, placé cet été sous le signe de la paix avec une colombe bleue sur l’affiche, se caractérise par sa totale gratuité et sa pluridisciplinarité: il combine des évènements musicaux traditionnels (Misia et l’orchestre des pays de Savoie) et modernes (Stacey Kent, jazz) avec des spectacles à composantes multiples (les nuits digitales) et un festival dit Cinéphile.

Tous ces festivals ont tout à la fois une dimension mythique (l’incendie du casino de Montreux en 1971 pendant un concert de Frank Zappa), une dimension populaire (gratuité de certains concerts, pièces de théâtre, concours et produits dérivés) et un aspect compétitif: les artistes doivent faire leurs preuves et leur performance peut être validée par une récompense (comme lors des concours internationaux de Solo, Piano, Guitare et Voix de Montreux).

Chaque festival se démarque aussi par son cadre: historique à Avignon et à Valence (qui propose une visite nocturne musicalisée et théâtralisée de la ville à la Belle Epoque), doublé des attraits de la mer à Cimiez et de ceux de la montagne ainsi que du lac à Montreux ce qui donne aux spectateurs l’opportunité de faire du tourisme tout en se cultivant. L’un des atouts  est également de mixer des publics qui ne se rencontrent pas le reste de l’année, de mêler la jeunesse désinvolte à des personnes plus expérimentées pour créer un échange culturel libre, libérateur et surtout spontané.

Mais les festivals ne sont pas simplement un divertissement. Mélange de revendication, de provocation et de réflexion dans la programmation, ils offrent un parcours initiatique aux spectateurs.   

 

Orlando Duchamp

 

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